L’allaitement


Nous ne sommes pas du tout fatigués….
Sujet à débat. Oui je sais.
J’ai envie d’en parler car j’ai eu une très mauvaise expérience avec l’allaitement. Tout d’abord pendant ma grossesse. Mon gyneco ne cessait de me répéter qu’il fallait absolument qu’il sache si je comptais allaiter ou non. Soi-disant le corps médical avait besoin de le savoir pour préparer le petit cachet qui stopperait ma lactation. (Soit dit en passant la lactation se stoppe d’elle-même ;))
Moi, jeune maman que j’étais ne savait absolument pas ce que je voulais faire. J’allais avoir un petit être nouveau dans mes bras, n’avait personne de proche avec qui en discuter. Bon si un peu ma cousine qui a été de très bons conseils.
Point positif mon gyneco m’a donné un prospectus sur des réunions qui expliquaient l’allaitement. Point négatif : j’ai accouché avant de pouvoir y aller. J’ai finalement coché oui sur la fiche de suivi.

A mon accouchement j’ai été séparée de mon fils de 11h30 à 17h. Petit préma il a du partir en néo-nat, et moi anesthésiée pour hémorragie. J’ai appris que l’auxiliaire lui avait donné le biberon, sans m’en parler avant. Je n’ai pas pu lui en vouloir c’était dans le but que je puisse le récupérer dans ma chambre dans les 72 heures suivantes. Raté c’est le seul biberon qu’il a prit avant plusieurs jours.
Voici sa dose de lait à quelques jours de vie
Trop fatiguée je dois avouer avoir eu du mal à m’imposer. Les auxiliaires lui donnaient le biberon alors que j’avais spécifié vouloir l’allaiter. Certaines ont tenté de m’aider à le mettre au sein, avec un peu trop de vigueur, au point de le faire pleurer (hurler) et de me faire mal. D’autres, dont la conseillère en lactation on réussit à le faire téter quelques secondes. On m’a proposé le tire lait histoire de lui mettre de mon lait dans sa sonde gastrique. On m’a donné l’appareil, sans m’indiquer vraiment comment faire. Personne ne m’a expliqué que le colostrum lui suffirait amplement. (J’ai failli le jeter d’ailleurs). Heureusement j’avais lu quelques petites choses sur l’allaitement et je lui ai gardé.
Je voyais mes biberons de lait à peine remplis… J’étais désemparée. Les seins rouges, gonflés et douloureux. Encore merci à la conseillère de m’avoir expliqué comment le masser sous la douche, sans elle j’aurai pu rendre mon fils malade suite à une infection.
Rentrés chez nous mon fils a pris le sein le soir même. La dernière fois…. Une minute ou deux peut-être. J’ai été prise d’une tristesse profonde. D’une honte de moi-même de ne pas y arriver. J’ai téléphoné à la PMI mais n’ai pas donné de suite, je pensais que je n’aurai jamais assez de lait. Et j’espère ne jamais refaire cette erreur. J’espère pour le deuxième trouver du soutient, de l’amour, de l’entraide et des conseils.
J’ai un conjoint formidable, aimant et qui trouve l’allaitement magnifique. Je voyais ses yeux briller quand je tirais mon lait. Quand je l’ai mis au sein ce soir là je ne l’ai jamais vu aussi heureux. Il trouve ça tellement naturel, tellement beau. Heureusement qu’il m’a soutenu. J’ai pu « allaiter » en tirant mon lait, un mois et demi mon fils. J’en suis fière. Heureusement. Mais j’ai un goût amère d’avoir été si peu écoutée, si peu soutenue. Voir qu’on continuait de donner le biberon à mon fils. Que personne ne se donnait la peine de m’appeler pour que je vienne lui donner à manger m’a profondément choquée.
J’ai du partir de la maternité pour une raison de place, loin, à l’autre bout de la ville, non véhiculée. Aucune chambre mère-enfant à disposition. Je voyais des mamans venir avec leur tire-lait, en bus, seules et épuisées par les allers-retours. Je les aient vu se battre pour leur tout petit né prématuré. Je les aient vu concilier leur vie de maman, de femme et de jeune mère. Impossible de dormir sur place. Au final on a peur de gêner les auxiliaires, on est là au milieu, sur notre fauteuil. Sans trop savoir ce qu’on a le droit de faire.
Même Papa porte 🙂
Je voudrai remercier tout de même l’équipe qui malgré le souci de l’allaitement s’est occupée de mon fils à merveille. Elle m’a permis de me reposer, de l’apprivoiser, de le voir grandir, grossir, et surtout de le savoir entouré quand je n’étais pas là.
Sinon mon fils se porte bien. 13kg pour 85cm à 19 mois. Un bon mangeur pour un préma. Et je ne jette pas la pierre à celles qui n’allaitent pas, à celles qui allaitent longtemps, à celles qui ne peuvent pas, celles qui ne veulent pas. Je témoigne juste du manque de soutient, de compréhension quelque soit le « côté » où l’on se trouve. Qu’on allaite ou qu’on biberonne.


Soyez-vous même, écoutez-vous. N’ayez pas honte de vos choix, de vos envies. C’est vous qui le portez, c’est votre corps.

La Leche League vous soutient en cas de besoin.

Relu et corrigé par Sakura

Publicités

4 réflexions sur “L’allaitement

  1. Lilith dit :

    Il faut s'écouter au maximum sinon bébé le ressent de toute façon.
    Je comprend qu'on est pas envie de remettre ça.

    J'espère aussi. C'est une belle expérience pour ma part. Je ne pensais franchement pas allaiter et au final c'est venu tout seul. 🙂
    Les deux fois où il a prit le sein ça à été deux fois en parfaite harmonie. J'ai hâte de pouvoir le faire, et cette fois j'essaierai de me battre pour y arriver !

    J'aime

Petits mots

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s